L’APSA se devait de réagir face à ce manque de moyen, de soutien et d’accompagnement qui a été mis à jour.
La protection des enfants constitue aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique et de société. Malgré une meilleure sensibilisation et une libération progressive de la parole des victimes, les violences faites aux enfants demeurent une réalité préoccupante en France.
Entre 2016 et 2025, le nombre de mineurs enregistrés comme victimes par la police ou la gendarmerie nationales a augmenté de 77 %, soit +7 % par an en moyenne.
Ainsi en 10 ans, le nombre de victimes mineures a été multiplié par 2,8 pour les tentatives d’homicide, par 2,6 pour les infractions à caractère sexuel et par 2,1 pour les violences physiques.
En 2025, les services de police et de gendarmerie nationales ont enregistré, au titre de crimes et de délits, 473 000 victimes de violences physiques, dont 114 500 sont mineures (24 %) et 132 300 victimes de violences sexuelles, dont 76 200 sont mineures (58 %). Un peu plus de la moitié de ces violences physiques enregistrées sont commises dans le cadre familial.
Comment rester indifférent devant tant de détresse ?
Depuis 2026, l’attestation d’honorabilité devient obligatoire pour de nombreux professionnels et bénévoles travaillant auprès des mineurs. Cette mesure vise à empêcher des personnes condamnées pour certains faits graves d’exercer auprès des enfants. Près de 3 000 personnes ont été écartées des secteurs de la protection de l’enfance et de l’accueil du jeune enfant.
En mai 2026, le gouvernement a présenté un nouveau projet de loi visant à améliorer la sécurité des enfants, renforcer la stabilité de leur parcours et mieux contrôler les personnes intervenant auprès d’eux.
Malgré ces avancées, il est clair que les moyens restent insuffisants :
Manque de places dans certains dispositifs de protection. Manque d’éducateurs et d’assistantes sociales ; il est difficile de prendre en compte toutes les demandes de placements et d’accompagnement.
Difficultés de traitement de certaines plaintes pour violences sexuelles. Manque de moyens de nos forces de l’ordre ; comment intervenir quand le temps et les hommes manquent ?
Formation encore inégale des professionnels qui interviennent auprès de nos enfants : professeurs, animateurs…
Besoin d’un meilleur accompagnement des victimes sur le long terme. Un vrai soutien pour ces enfants et leur famille : psychologues, assistantes sociales, éducateurs, thérapeutes… Une réelle écoute et une vraie prise en compte de leur difficultés.
Les débats publics récents montrent que la société française attend une réponse encore plus forte face aux violences sexuelles et aux crimes commis contre les enfants.
Face à ces constats, l’APSA poursuit son engagement auprès des enfants et des familles à travers des actions de prévention, d’accompagnement parental, de soutien à la parentalité et de sensibilisation des professionnels. Parce que protéger un enfant, c’est aussi soutenir les adultes qui l’entourent, nous défendons une approche globale fondée sur l’écoute, la prévention et la coopération entre les acteurs du territoire.
Claire Ferry